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Interview réalisée par Ugonice et Heidy.
http://bakykone.free.fr
Vendredi 18 avril 2008

" Baky : La tête OK, le corps KO ... "
Interview n°18

L'entraînement est terminé et tous les enfants veulent des photos avec les joueurs. Ceux-là mêmes qui ont battu le Psg le week-end dernier. Baky est très sollicité, il répond avec le sourire. Plus tard, c'est lui qui sort de la douche le premier. Il a fait un effort pour l'interview. Le corps fatigué, mais la tête bien en place, il s'installe dans un fauteuil de la salle d'interview et répond sereinement aux questions. Taquiné sur la question des transferts, il évite les tacles avec sourire et malice. Reprise par ailleurs, la version intégrale de l'interview de Baky est ici même, sur son site.


Question classique. Est-ce que ça va ? Dans le corps et dans la tête.
Tout va bien. La tête ça va très bien. Le corps un peu moins. Mais on fait avec. Il faut tenir encore un mois, et après on va se reposer.

On reste dans le général. Quelle est la ville où tu as tes attaches ? Ta ville ?
C'est toujours Abidjan. Je suis très content d'aller à Lorient de temps en temps, aller voir le coach et sa famille. A Nice aussi, je connais de nouvelles personnes. Et ça me fait plaisir d'être ici. Mais c'est toujours Abidjan.

" J'ai plus de sélectionneur alors... "

Justement, concernant la Côte d'Ivoire. Tu sais que Stielike n'est plus sélectionneur. Qu'est-ce que tu en penses ?
Tu me l'apprends. J'ai plus de sélectionneur alors. (silence). Le joueur est obligé de s'adapter à tout. Tous les entraîneurs, toutes les situations. Si Stielike n'est plus sélectionneur, c'est dommage. Pour lui et pour nous. Il nous apportait beaucoup de choses. Il nous a appris des choses qu'on n'oubliera pas. Et ça nous servira avec le prochain entraîneur.

Contre Auxerre et contre Lorient, tu marques mais l'équipe perd. Ça doit être très frustrant...
J'ai toujours dit que ça ne servait à rien de marquer si l'équipe ne prend pas de points. Ça augmente simplement le compteur personnel. Mais pour moi ce n'est pas le plus important.


Et puis on a la chance de te rencontrer après un beau match. Comment t'es-tu senti à Paris ?
Bien, mais c'est pas seulement moi, c'est tout le groupe. Je crois qu'on a fait une très belle partie. On se sentait de mieux en mieux sur ce match. Et on avait vraiment envie de montrer à tout le monde qu'on n'était pas 6e par hasard. Voilà pourquoi on a tout donné. Et heureusement pour nous, on a su faire tout ce qu'il fallait pour gagner.

Tes impressions sur le Parc des Princes ? On sait que tu aimes bien ce Stade...
Oui ! Je l'ai toujours aimé. C'est vraiment un régal de jouer sur cette pelouse, dans ce stade...

En tous cas, tu y as marqué tes premiers buts à l'extérieur cette saison. Les grands stades, ça t'inspire ?
On peut dire ça. Pour un joueur, ça fait toujours plaisir de jouer dans un beau stade.

" Donner de l'espoir et du plaisir "

Nice est toujours 6e. Le maintien est acquis. Qu'est-ce que tu souhaites à l'équipe maintenant ?
D'aller le plus loin possible. On est pas loin de la 5e place. On veut tout faire pour l'obtenir. Et si jamais ça ne marchait pas, on aura tout de même fait quelque chose de beau cette année. Personne ne croyait en nous. Pourtant, on a tout fait pour donner de l'espoir et du plaisir aux supporters. C'est le plus important pour un footballeur de faire plaisir.

Il reste peu de matchs. Tu en es à 12 buts. Tu as un objectif pour le classement des buteurs ?
J'avais pour objectif de battre mon record personnel. C'est fait. Et maintenant, je prends tout ce qui vient, avec plaisir.

C'est lequel ton plus beau but ?
Tous. Un but du nez, c'est un but. Y'a pas de plus laid, ni de plus beau but. Le but, c'est de mettre le ballon au fond.

Quand l'équipe gagne, ça fait quand même plus plaisir à la fin du match. Non ?
Ah oui ! Ça, ça fait énormément de plaisir de marquer en sachant qu'il y aura les 3 points au bout.

" C'est que du bonheur "

On imagine que tu veux prendre un maximum de plaisir pour les matchs qu'il reste à jouer avec tes coéquipiers. C'est ce que tu te dis avant chaque match ?
Oui, j'ai toujours pris plaisir, chaque fois que je monte sur le terrain. Et en ce moment on est bien. Bien classés, bien dans la tête. Alors c'est que du bonheur. Cette situation est plus agréable que celle de l'année dernière.

La pression prenait le dessus ?
Non, il y avait aussi du plaisir, mais ce n'était pas pareil qu'aujourd'hui. Vraiment pas pareil.

Tu es toujours sous la menace d'une blessure en match. Est-ce que cela change ta façon de jouer ?
Non. On fait toujours attention, mais ça change pas tant que ça ma façon de jouer. (silence) Parfois, j'en ai assez, c'est tout. Si c'est en dehors du jeu, si c'est un coup par derrière, j'ai bien envie de répondre. Surtout quand ceux qui font les fautes ne sont pas sanctionnés.

D'après Claude Puel, tu " fais 4 ou 5 tours sur toi même avant de tomber ".
J'ai déjà répondu à ça. J'ai dit que j'n'avais pas aimé ses propos. C'est une personne que j'aime bien et entendre ça de sa part... Enfin, voilà, c'est fait, c'est fait. C'est passé. Après, je n'ai jamais fait de tours sur moi-même. Il lui suffit de revoir la vidéo de la faute…il comprendra.

" Pas besoin de simuler pour montrer ce qu'on sait faire "

Tu préfèrerais faire juste 2 ou 3 tours sur toi-même ? (rires)
Je n'ai jamais spécialement fait de tours sur moi-même. Après quand je prends un coup, je prends un coup. C'est comme ça, c'est mon jeu. Je provoque beaucoup et je sais avant de commencer un match que je vais prendre des coups. Mais si c'est pour prendre des coups comme celui que j'ai eu contre Lille, là je dis non.

Qu'est-ce que ce serait si, en plus, tu simulais, que tu abusais les arbitres ?
Si je voulais tricher, je pourrais obtenir un penalty à chaque match. Mais je n'ai pas été éduqué comme ça, je n'ai pas été formé comme ça. Donc ça ne sert à rien. Pour moi, ce n'est pas du foot, ce n'est pas du jeu. Quand on aime le foot, quand c'est notre passion, on n'a pas besoin de simuler pour montrer ce que l'on sait faire.

Provoquer dans le jeu, mais sans simuler c'est ça ?
Je provoque avec ce que je sais faire. En jouant avec le ballon, pas en trichant.

On parle parfois de ton déficit athlétique. Et toi ? Qu'est-ce que tu en penses de ton jeu de tête ?
J'ai mis deux buts ! (rires). Deux buts de la tête contre Saint-Étienne, c'est déjà quelque chose. Romario, Gerd Müller mettaient beaucoup de buts de la tête. Je crois que la taille n'a rien à voir avec ça. C'est plutôt la détente et le timing qui sont importants.

C'est quand même complémentaire d'attaquer avec Lilian Laslandes...
Laslandes, c'est un homme d'expérience. Il sait lire le jeu et il nous apporte beaucoup depuis son arrivée. On se sert beaucoup de lui pour construire nos attaques. Tant mieux pour nous. Et tant mieux pour moi, ça me libère dans beaucoup de choses dans le jeu.

" Mon prochain Club ? (rires) "

Alors, ton prochain club devra recruter Laslandes en même temps que toi ?
Mon prochain club ? (rires) C'est Nice encore pour deux ans ! Je suis lié à Nice jusqu'en 2010. Et je vais essayer de respecter le contrat. Après c'est le foot… On ne sait pas ce qui arrivera demain...

Alors si tu restes, qu'est-ce que pourrait t'apporter une 4e saison à Nice ?
Comme d'hab. ! Essayer de donner du plaisir à tout le monde. Et moi-même en prendre dans tout ce que je fais. Me donner à fond. Et c'est le principal.

On sait déjà qu'Ederson part à Lyon. Qu'est-ce que ça te fait cette nouvelle ?
De la fierté. On est fiers de lui. On est contents pour lui. On espère qu'il fera encore mieux que ce qu'il fait en ce moment. Il nous a apporté beaucoup de choses et il continue de le faire. C'est un très bon joueur, je sais qu'il va rendre les supporters Lyonnais très heureux... Mais pas contre Nice ! (rires)


Alors comme on sait déjà pour Ederson, tout le monde s'interroge sur ton avenir.
Tout le monde ? Mais pas moi...

Tu as déjà des contacts peut-être ?
Peut-être mais je n'en sais rien pour le moment, je préfère ne rien savoir. (ndlr : actuellement l'agent de Baky travaille et a des contacts, mais il épargne Baky de ces informations, car la priorité du moment n'est pas un éventuel transfert…) Vous avez raison de demander. Mais de toute façon, vous serez les premiers à être au courant. (ndlr : vous est mis pour les lecteurs du site bien évidemment…)

Quand tu es parti de Lorient, tu es arrivé à Nice dès l'ouverture du marché des transferts. Ça a évité trop de tractations. C'était un point positif, non ?
Oui, j'ai pris ma décision rapidement. Je savais que Nice était un bon club où j'allais pouvoir m'épanouir. C'était le bon choix. Je ne le regrette pas et je sais que je ne me suis pas trompé.

" 99% de chance pour que je reste à Nice "

Alors, tu commences déjà aujourd'hui à imaginer vers quel club tu vas t'engager ?
(silence) Il reste 5 matchs, on a encore le temps. Si je dois partir, j'ai 3 mois pour prendre ma décision. J'ai bien dit " si ".

Tu nous donnes un pourcentage de chance pour que tu restes ou que tu partes ?
99 % pour que je reste. Retenez-le, mais il y a toujours 1% de chance que je parte. 100%, ce n'est pas possible. Même quand on veut rester, parfois il y a des propositions qu'on ne peut pas refuser. C'est moi qui prendrai ma décision, que l'équipe se qualifie ou non pour l'Europe.

Dans ton 1%, il y a quelles équipes ?
Je ne sais pas. Toutes les équipes d'Europe.

Avec une préférence pour l'Espagne ?
J'ai toujours aimé l'Espagne. On m'a demandé si je voulais aller dans un autre pays, j'ai toujours dit que je préférais l'Espagne. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais changer.

" Bonus : Il faut demander au coach "

A quel niveau places-tu ta marge de progression ?
Mentalement et physiquement, je crois que j'ai un peu progressé... Mais en fait, je ne sais pas trop quoi dire (soupir). Il faut demander au coach.


Jusqu'à la fin de ta carrière, tu peux nous impressionner encore plus...
On peut toujours faire mieux. Il y a des hauts et des bas, et on fait toujours tout pour rester le plus haut possible le plus longtemps possible. C'est ce que j'essais de faire. Et si jamais je dois partir, je vais toujours essayer de faire plaisir à tout le monde.

Question à Frédéric Antonetti : A quel niveau placez-vous la marge de progression actuelle de Baky ?
Je pense qu'il n'a pas encore atteint sa plénitude. Il faut qu'il prenne conscience qu'il peut garder un niveau excellent. Il faut qu'il sache que ce qu'il a fait au Parc, il peut le refaire très souvent. Il a la qualité et le potentiel pour le niveau Champion's League, le niveau le plus élevé du football. Donc quand on a ce niveau-là, il faut le démontrer le plus souvent possible. Alors, ces derniers temps, il a fait vraiment des bons matchs. Il est en pleine progression. Il lui reste simplement à franchir le dernier palier. Mais il est en train de le franchir.

L'équipe dehttp://bakykone.free.fr

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